Les poètes
Ils marchent dans la vie le regard constellé
leur esprit vers les cieux vole avec les mouettes
à labourer les mots leur tête est attelée
–ils sont les travailleurs des idées, les poètes
À vouloir transformer le monde ils sont zélés
pour le rendre aussi chatoyant qu’un ange souhaite,
en dénouant les fils de malheur emmêlés
–ce sont des grands couturiers parfois, les poètes
Ils imaginent que leurs paroles ailées
procureront du sens aux activités bêtes
et du baume sur les existences fêlées
–précieux comme le sel sur la terre, les poètes
Visionnaires, rêveurs, humanistes, les poètes…
–Mais ça c’était avant. De nos jours, ils s’ la pètent.
11 Juin 2014 à Dobel
Poète et Poétesse
(à chanter sur l’air de « Vénus Callipyge », de G. Brassens)
Le masculin toujours faisant autorité
Je n’aim’ pas moi monsieur qu’on m’appelle Poétesse
Je veux qu’on me consacre à l’unanimité
Poèt’ Poèt Poèt’ Poèt’ Poèt’ Poèt’ et tant pis pour mes fesses !
J’ai trouvé un bouquin « Poésie Féminine »
On n’a pas eu l’idée d’en faire son pendant
Non il n’y a pas d’anthologie masculine
Sinon moi je voudrais qu’on m’y mette dedans
Sans vouloir entamer la moindre polémique
Je suis du genre humain avant d’être sexué
à l’heure des ghettos moi je me revendique
Poèt’ Poèt’ Poèt’ Poèt’ Poèt’ Poèt’, Poétesse me fait suer !
La Poétesse est fleur, le Poète est esprit
On prête à la première un tas de mièvreries,
C’est pourquoi je rejette cette confrérie
Et me sacr’ Poèt’ Poèt’ Poèt’, Poétesse aux orties
A l’heure où les quotas font la majorité
Je veux pas être jugée sur ma féminité
Que vaut une valeur si elle est imposée
Moi j’envoie la Poétesse au water-closet
J’aimerais qu’aux beaux noms de Verlaine et Rimbaud
Ces Poèt’s Poèt’s Poèt’s majeurs on ajoutât le mien
Et qu’au moins si mes vers valent pas aussi bien
On marque » Ici gît un Poèt’Poèt’ » sur mon tombeau
Car à l’heure où les Poèt’s sont la minorité
Je me rallie à cette peuplade entêtée
Qui s’obstine encore à rêver sur la planète
Sacrons-nous tous Poètes, nom de nom, Pouêt-pouêt-pouêt !
Poète fantaisiste
J’ai voulu m’essayer à faire un beau poème
avec des sentiments et du coeur débordant
sur une pleine page, ce ne sont pas les thèmes
qui manquent, Dieu merci, chaque jour apportant
son lot de catastrophes et de misère humaine !
Mais il n’y a rien à faire, je transpire et je peine
sur tel sujet qui me tient à coeur. Et pourtant
j’ai de la compassion, et de l’amour, quand même !
Au moins comme chacun, peut-être tout autant !
Eh non, en ce domaine, je sèche à l’extrême…
Vous me direz : Japon, tsunami, nucléaire,
Le Proche-orient à sang, les sans-abris précaires,
Quoi, l’actualité regorge de matière !
Sans compter qu’aujourd’hui à l’instar d’autrefois
pas de véritable progrès humain qui soit…
C’est vrai, et j’en conviens, il y a de quoi faire !
Mais mon esprit n’est pas tourné comme cela
je ne peux vraiment pas écrire du blabla
avec sériosité sans qu’aussitôt s’opère
un tour dans mon esprit qui flanque tout par terre !
Alors j’ai renoncé pour rester dans ma sphère :
cell’ de la fantaisie, la dérision légère,
ironiste se moquant d’abord de lui-même…
Car, ne faut-il pas de tout pour faire un poème ?
Et j’espère bien… que c’est pour cela qu’on m’aime !
20 Mars 2011
Poème pour bègue
L’été t’était enfer enfermé mais cocon
Qui te quitte, et dont le don cave qu’à venir
Ni rester stérile il étêtait l’antre.
Entre ces deux : cède ! Des dés lavé l’aveu
Qu’Echo écope à ta tanière, ni hier
Etant étangs aux eaux passées,
Sépare et trie et triture :
De demain maint temps tant attendu dure !